Justice et Paix | Communiqué de presse | 27.01.2014

Les personnes ne sont pas une marchandise

Justice et paix dit non à l’initiative de l’UDC qui isole la Suisse

L’initiative « contre l’immigration de masse » voit les personnes comme une marchandise et fait comme si la Suisse était une île. Aux yeux de la Commission Justice et paix, l’organe de la Conférence suisse des évêques chargé des questions de l’éthique sociale, cela va à l’encontre des valeurs chrétiennes.

Nous nous opposons à une vision utilitariste et égoïste

Du point de vue chrétien, les préoccupations et objectifs de l’initiative traduisent une vision de l’homme discriminatoire et discutable. L’initiative (tout comme de nombreux contre-arguments) envisagent l’homme uniquement du point de vue de son utilité économique pour la Suisse et le réduit à l’état de marchandise. Elle admet que des travailleurs étrangers ne possèdent presque plus de droits et ouvre ainsi la porte aux abus. Elle déshumanise également les hommes et les femmes quand elle utilise l’image des « masses » qui menacent un monde préservé (la Suisse). Une telle pensée et argumentation est contraire à l’idée chrétienne fondamentale selon laquelle l’économie doit être au service de l’homme et non l’inverse.

Nous avons besoin de plus d’Europe

L’initiative vise l’isolement de la Suisse alors que, dans l’optique de la solidarité chrétienne, le succès remporté avec notre modèle nous oblige à nous engager au-delà des frontières nationales. En l’occurrence notre modèle se caractérise par le dispositif de prise en compte des cantons avec leurs forces et faiblesses, la participation d’un grand nombre d’acteurs aux consultations et la volonté d’être innovant. L’Europe fait face à des défis de taille et a besoin de notre contribution.

Pour nous, le futur se fera ensemble

En cas de retour aux contingents, de refus du regroupement familial et de levée de la séparation entre politique du travail et politique d’asile, l’aide et la protection dépendront de la situation économique. Or des exigences relevant des droits de l’homme, comme l’asile ou la vie familiale, ne sont pas négociables en fonction de la santé économique. Promouvoir la famille à l’échelle nationale et empêcher des étrangers de vivre en famille est dégradant. Il est également cynique de fixer des quotas pour l’admission de personnes menacées. Selon la vision chrétienne, tout homme, mais plus encore celui qui est dans la détresse, poursuivi et en fuite, est à l’image de Dieu.

Pour ces différentes raisons, la Commission Justice et paix rejette l’initiative.

Personne de contact :

Thomas Wallimann-Sasaki,

Président a.i. Justice et Paix

079 848 99 65 / info@sozialinstitut-kab.ch